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Nous avons développé un test qui permet d’isoler les CTC du sang quand elle sont encore très rares. Les cellules sont isolées intactes, ce qui permet de les identifier par analyse cytopathologique.
Note sur le terme « analyse cytopathologique » : tout le monde connaît le test appelé « frottis » ou « PAP test ». Ce test de dépistage du cancer du col de l’utérus consiste à prendre un peu de cellules au niveau du col de l’utérus. Les cellules sont observées au microscope et le Pathologiste fait un diagnostic cytopathologique, c’est-à-dire regarde si les cellules ont un aspect tumoral. La même analyse peu être réalisée sur les cellules isolées du sang par le test ISET.
Nous avons développé le test ISET – Oncologie dans le but précis d’améliorer la survie des patients avec cancer. Le test ISET est en effet valable pour tout type de cancer solide (Note : les cancers solides sont ceux qui se développent à partir des organes, donc les cancers du colon, du sein, du foie, du pancréas, du poumon, de l’estomac, les cancers ORL, des ovaires, de l’utérus etc.. Les cancers non-solides sont les leucémies qui sont les cancers qui se développent à partir
- chez les patients avec cancer, comme marqueur prédictif de récidive et/ou métastase et comme marqueur de réponse à la thérapie. Imaginez un patient qui a un cancer qui est enlevé chirurgicalement. Si tous les examens (radiographies, scanners etc..) sont normaux, on ne peut pas savoir si des cellules tumorales qui restent dans l’organisme. L’oncologue fait un traitement après chirurgie et ensuite s’arrête car les examens sont normaux. Malgré cela, un pourcentage de patients (variable selon le type de cancer) développe des métastases après 3 ou 5 ans, ce qui veut dire que des cellules tumorales étaient restées, des CTC avaient circulé dans le sang pour donner origine à la métastase. Le test ISET – Oncologie pourrait permettre d’identifier de façon précoce les patients qui ont des CTC et les traiter immédiatement pour empêcher la survenue des métastases. Les applications du test ISET Oncologie chez les patients avec cancer doivent être validées par des études multicentriques (= réalisées dans plusieurs hôpitaux universitaires et centres anti-cancéreux reconnus) rigoureuses, cancer par cancer, qui indiquent aux Oncologues la valeur du test dans les différentes applications et les lignes de conduite à tenir si le test est positif.
- chez les sujets sans cancer (application en dépistage des cancers). Les connaissances actuelles indiquent que, pour certains cancers et chez certains patients, les CTC pourraient être dans le sang avant que le cancer soit détectable. Par exemple, 20-30% des cancers colorectaux ont des métastases déjà au diagnostic, ce qui indique que les cellules tumorales ont circulé pendant des années avant le diagnostic. Le test ISET – Oncologie n’est pas encore au point pour être validé cliniquement en dépistage des cancers. Pour cette application, nous devons développer et valider techniquement des analyses (similaires à celles décrites pour les CFC) pour démontrer de façon sûre que la cellule est vraiment tumorale. Ensuite nous devons développer d’autres analyses moléculaires pour démontrer de quel organe les CTC dérivent (donc de quel type de cancer il s’agit). A défaut de ces développements, on risquerait de dire à un sujet qu’il a un cancer alors que ce n’est pas vrai et en plus on ne saurait pas dire de quel cancer il s’agit. L’application du test ISET - Oncologie aux sujets sans cancer n’est pas indiquée à l’heure actuelle car elle pourrait soulever des problèmes éthiques majeures.
Une fois que un test est mis au point et validé techniquement, il faut réaliser une validation clinique avant de le mettre à disposition du public. Par validation technique on entend tous les tests de laboratoire qui démontrent que le test est reproductible, sensible, spécifique. Par validation clinique, on entend l’utilisation clinique du test dans des conditions particulières strictement définies (différentes selon le test) qui permettent d’en établir son utilité clinique diagnostique et/ou pronostique. Ces études de validation cliniques sont longues et coûteuses à réaliser, mais indispensables pour pouvoir ensuite proposer aux patients et au public un test dont on connaît l’impact clinique.
Si vous avez fait le test CTC, votre témoignage nous intéresse. Contactez l'adresse:
Chez l’animal, il a été montré que environ 0,01% (= une sur 10.000) des cellules tumorales circulantes sont capables de donner origine à une metastase. Même si on ne peut pas, à l’évidence, transférer ces données quantitatives à l’homme (le risque de métastase serait généré par environ 2 CTC ou plus par ml de sang), ces études indiquent de façon claire que, chez l’animal, le risque de développer des métastases est en relation au nombre de CTC qui circulent dans le sang et à leur caractéristiques. Il est donc important de pouvoir détecter de façon spécifique les CTC et de pouvoir les étudier.
D’après les recherches publiées, la circulation des cellules tumorales est un facteur de risque pour le développement des métastases, mais ne peut pas être considéré comme un indicateur direct de la présence de métastases. Cela s’explique par le fait que la cellule tumorale qui circule dans le sang peut être détruite par les défenses immunitaires ou tout simplement mourir spontanément (processus que nous appelons « apoptose ». Le pouvoir métastatique (capacité à former une métastase) d’une cellule tumorale est lié à ses caractéristiques et capacités que les chercheurs sont en train d’étudier. Ces recherches devraient pouvoir permettre de développer des thérapies qui détruisent les CTC. C’est un but majeur des chercheurs qui, comme nous, essayent de combattre le cancer.
Image d’une CTC isolée par ISET

CTC signifie Circulating Tumor Cells.
Le terme indique les cellules tumorales qui peuvent être détectées dans le sang et qui sont diffusées à partir de tumeurs solides.
Beaucoup de patients avec cancer décèdent à cause de l’évolution métastatique da leur maladie. Actuellement, cette évolution est décelée uniquement par l’identification clinique des métastases déjà formées, ce qui rend le bénéfice du traitement improbable. La circulation dans le sang des cellules tumorales est une étape obligée qui précède la formation des métastases. La détection de ces cellules tumorales circulantes (CTC) peut, par conséquent, être un facteur de risque pour le développement des métastases, comme démontré par les recherches conduites chez l’animal, et un élément clinique important pour une intervention thérapeutique rapide et efficace, adaptée à chaque patient.
Le chercheur qui écrit ce blog a développé, avec son équipe, une nouvelle technique, appelée ISET (Isolation by Size of Epithelial Tumor cells), plus sensible et spécifique par rapport aux différentes méthodes proposées en littérature, pour détecter les CTC. Cette méthode isole les cellules épithéliales (= cellules dérivées des organes. Note, les cellules épithélieles peuvent être normales ou tumorales) sur la base de leur taille, par une approche qui rend possible la filtration du sang. Les cellules épithéliales se retrouvent sur un filtre où elles peuvent être colorées, analysées et comptées par le cytopathologiste (= spécialiste qui analyse leur forme et leur caractéristiques et peut diagnostiquer leur caractère tumoral). ISET est aussi applicable à plusieurs types de cancers différents. Une étude préliminaire a montré que la présence et même le nombre des CTC, détectées par ISET chez les patients avec cancer du foie, est un facteur important corrélé à la survie des patients. D’autres études sont en cours.
Ce blog est dédié à toutes les patients avec cancer et à leur familles
Je m’appelle Patrizia Paterlini. Je suis née le 2 janvier 1954 en Italie prêt de Modena (la ville de la Ferrari et de Pavarotti).
J’a fait mes études de Médecine. J’ai toujours été « très bonne élève ». Je suis devenue médecin en 1978, spécialiste en hématologie (les maladies du sang) en 1991 et spécialiste en oncologie (les tumeurs) en 1994. J’ai ainsi commencé une carrière universitaire très ambitieuse et très difficile et j’ai eu un poste à l’Université de Bologne en Italie .
Mes motivations :
J’ai toujours voulu aider les patients. Toute petite, je priais pour les malades qu’il m’arrivait de rencontrer ou pour ceux dont je savais qu’ils étaient en train de souffrir
Mon souvenir le plus aigu.
Mon premier malade à l’hôpital universitaire de Modena. Il est mort d’une leucémie terrible foudroyante. Le jour de sa mort, une rage sans borne explosait ma poitrine. Jamais je n’ oublierai ses yeux. C’est comme ça que j’ai décidé de travailler en recherche, pour que la médecine progresse.